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Entretien en tech-à-tête

Julien Mangeard

Entre deux projets, le patron de la tech chez vente-privee s’accorde une pause pour parler piscine, recrutement et liberté d’entreprendre.

Les talents dans l’univers de la Tech ça court de moins en moins les rues même si les nouvelles écoles comme 42 et Epitech contribuent à alimenter le vivier. Comment tu fais pour attirer la nouvelle génération de codeurs ?

Pour faire émerger des talents dans une nation il faut recruter dans un vivier colossal. Toutes ces nouvelles écoles répondent à un besoin croissant en France mais aussi dans le monde. Il n’y a pas assez d’ingénieurs en informatique. Pour recruter des gens talentueux, il faut donc des recruteurs talentueux. Il faut s’intéresser aux disciplines connexes à la tech et faire monter à bord les meilleurs dans leurs domaines. On peut me dire que j’enfonce des portes ouvertes mais c’est la seule manière de faire grandir l’entreprise à l’échelle globale.

Tu pourrais recruter un jeune totalement autodidacte qui t’enverrait son CV en te disant : "J’ai envie de bosser chez vente-privee parce que vous avez de beaux challenges à relever en tech" ?

(Rires) Bien sûr !
On a des collaborateurs qui n’ont pas le bac. Tout ce qui compte, ce sont les compétences et la motivation. Et puis même si on n’a pas les compétences mais que l’on détecte un fort potentiel, on mise sur ces personnes. C’est notre rôle de former et de révéler les pépites de demain.

Il paraît que le processus de recrutement est en lui-même un challenge. Vous jetez les candidats dans une piscine comme à 42 ?

Les candidats suivent un parcours avec quatre entretiens obligatoires en fonction des profils. Chacune de nos équipes créé une batterie de tests et de challenges. Et systématiquement, le candidat est envoyé à la rencontre d’une équipe qui n’a rien à voir avec le poste pour lequel il postule. On veut voir s’il serait capable de travailler avec cette autre branche de vente-privee. Avec cette démarche, on veut casser le côté monoculture et éviter d’avoir des collaborateurs qui grandissent dans l’entre-soi.

Une partie de vos employés racontent qu’à l’embauche on leur explique que la devise c’est : "Responsabilité, prise d’initiative". Tu es partisan de cette culture d’entreprise plutôt responsabilisante et libertaire y compris pour les très jeunes recrues ?

Tout à fait. Au département création, l’idée est de faire confiance à des jeunes talentueux fraîchement sortis des écoles. Ils sont "directeur artistique" et on leur donne des responsabilités en leur lançant des challenges. Par exemple, ils mettent moins de 2 jours en moyenne pour fabriquer le bandeau qui mettra en valeur une vente. Ce délai est en théorie impossible à tenir pour une agence de communication traditionnelle qui aurait tendance à mobiliser cinq personnes pour plancher pendant un mois (sourire). Nos jeunes créatifs s’appuient sur leurs connaissances et l’intelligence collective de l’équipe pour arriver à répondre à des défis en un temps record. Cet état d’esprit fait partie depuis toujours de la culture d’entreprise de vente-privee. On l’applique désormais à la DSI. On veut des collaborateurs talentueux, prêts à prendre des responsabilités, à répondre à des délais serrés et à des contraintes qui les poussent à se surpasser.